20 Janvier 2015, le jour où tout a basculé

Cette date restera à jamais gravée dans ma mémoire. C’est à partir de ce jour-là que ma vie a radicalement changé. J’ai perdu mon père le 20 Janvier 2015 à 11h30.
C’était un mardi. Je vous explique le film de ce mardi qui changeait tout.
Ce jour-là, tout allait bien comme d’habitude et la côte d’Ivoire devait jouer un match de poule durant la CAN. Papa est sorti le premier comme à l’accoutumée. On n’observait aucun signe disant qu’il avait quelque chose. À l’école, j’ai eu cours de philosophie sur la religion la matinée et je me rappelle avoir longtemps débattu avec mon professeur.
Après les cours de la matinée, je rentre à la maison. Je salue ma mère que je trouve assise en train de d’enlever la peau des arachides. Elle ne répond pas. Je la salue plusieurs fois sans avoir de réponse. Elle est comme plongée dans ce qu’elle fait. Je ne dis rien et je vais me restaurer correctement.
En partant pour les cours de l’après-midi, je salue ma mère et elle ne me répond toujours pas.
Les cours commencent et mes pensées se dirigent sur tout sauf sur le cours qui se déroule. Je commence à penser à la mort. Je tente par tous les moyens de changer de pensées, mais sans succès.
Il est 16 heures et je dois étudier avec des amis. Nous avons plutôt parler de nos rêves après l’obtention de BAC. Quand j’arrive au quartier, il est 18 heures. Je trouve devant la cour un tonton proche de la famille et mon frère cadet.

Trouvant leur présence devant la cour étrange, je demande ce qu’il y a et ils me répondent que tout va bien. Je veux rejoindre la maison et mon tonton me dit d’attendre. Quelques minutes plus tard, je vois deux autres tontons s’approcher de notre groupe. Nous faisons les civilités comme d’habitude. L’un d’entre eux dit qu’il veut me parler. Je trouve cela bizarre, mais je suis prêt à l’écouter. De toutes les façons, je n’ai pas le choix. Il commence à me dire papa est un gars bien. Après avoir attiré mon attention sur la bonté de mon père, il lâche la bombe : « Ton papa est décédé ». Lorsque j’ai entendu cela, j’ai failli m’écrouler. Mon tonton que j’ai trouvé devant la cour m’a attrapé en me disant : « Tu es devenu l’homme de la famille ». Je vous épargne les détails du décès.

C’était difficile à accepter. Tous mes rêves se sont écroulés en une fraction de seconde. Je n’ai pas pleuré car mes larmes sortent difficilement. Mais dans mon cœur, c’était le désordre. Je me suis mis à penser à tous nos moments de joie en me disant qu’il n’y aura plus d’occasions.

Ce qui me fait le plus rire quand je repense à cette journée, c’est la manière dont je l’annonçais aux gens comme si ce n’était rien de grave. Et le comble, c’est moi qui consolais les gens au lieu qu’on me console. Je me rappelle avoir mangé comme d’habitude. La nourriture et moi, c’est jusqu’à la gare. Lol

Je suis à présent le chef de famille. Je me retrouve à prendre des décisions qui engagent la famille. Ça passe ou ça casse. C’est difficile. Heureusement que j’ai l’aide de Dieu et de ma mère que j’ai prise pour la première fois dans mes bras ce jour-là, sinon ce n’est pas du tout facile car je suis engagé sur plusieurs fronts.

Quelques semaines après, j’ai compris cette phrase qu’il nous répétait quelques semaines avant son décès : « Prenez Dieu comme votre ami. Il ne trahit jamais. ». Les vrais visages se dévoilèrent. À tous ceux qui ont perdu un parent, ne désespérez pas. Vous pouvez pleurer, mais n’abandonnez pas la vie. Dieu n’est pas « gaou » comme on le dit en Côte d’Ivoire. Il sait ce qu’il fait.

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