TEDx Grand Bassam : l’Avant Garde, créer le changement

Le samedi 19 Janvier, la troisième édition du TEDx de Grand Bassam a eu lieu. Cet événement a pour objectif d’inspirer, d’enseigner, d’encourager et de réveiller le potentiel qui est en nous. C’est le somptueux cadre de l’hôtel Afrikland Hotel qui a accueilli cet événement de grande envergure. Le thème de cette édition était : L’avant garde.

Rappelons que le TEDx est une série de conférences organisées à travers le monde afin d’inspirer le changement.

 

 

Eric M’boua a ouvert le bal des speakers en nous parlant de son aventure dans l’organisation de l’événement “dîner en blanc” qui se tient une fois par an. Il a eu la chance de vivre dans différents pays car il est issu de parents diplomates. Il a commencé par la musique et ça donnait des résultats positifs. Peu de temps après il s’est lancé dans l’animation et la toute première édition du dîner en blanc au Canada. Les américains ont également copié.

Lorsqu’il a exprimé son désir un évent de ce genre en Afrique, on lui a juste répondu que ça ne marcherait pas parce que cela n’existe pas dans nos cultures. Il faut rappeler que le dîner en blanc est un événement où il est demandé à des groupes de personnes de s’habiller en blanc. Elles doivent apporter leur nourriture, assurer le service dans un endroit tenu secret jusqu’à la veille de l’événement.

Il nous a signifié qu’il y a une différence entre être et faire car faire c’est l’action qui permet de bouger les choses et impacter alors qu’être est juste un titre. Ce qui veut dire que c’est par le « faire » qu’on atteint le « être ». Pour cela, il nous dit ceci : « commencez, recommencez et n’arrêtez jamais »

 

À la suite d’Eric M’Boua, Cissé Bintou ou « la Michelle Obama d’Afrique » nous a gratifié de son parcours jalonné d’obstacles qui lui a permis de connaître sa vraie voie. En effet, pour montrer l’ampleur des difficultés qu’elle a connues, elle nous a conté l’histoire de Rita qui est un peu similaire à la sienne. Et nous pouvons dire que la vie a été dure, même « très dure comme caillou » comme on le dit en Côte d’Ivoire, mais elle a préféré gardé sa dignité. À travers ces péripéties, elle nous enseigne que nous ne devons pas nous apitoyer sur notre sort car il peut avoir plus misérable que nous. Aussi, nous conseille-t-elle de toujours tirer quelque chose de positif dans toutes les épreuves que nous traversons.

À la fin de son intervention, elle nous a invités à aider car Dieu n’est pas injuste, à croire en nos rêves et de passer à l’action pour les concrétiser. C’est ce qu’elle fait avec son ONG EWA qui se bat pour l’autonomisation de la jeune fille.

 

 « Se battre, combattre et abattre ses cartes ». C’est ainsi que s’intitule l’intervention du comédien Michel Gohou. Notre troisième speaker a commencé les études à l’âge de 7 ans et a dû arrêter en classe de CM2 à cause d’une maladie qui le paralysait. Il a eu la chance d’avoir un oncle qui l’a vu et amené pour le soigner. La guérison obtenue, il retourne en famille et se promet de se battre pour réussir. Il pratique de petits métiers et sa passion pour le théâtre le conduit à Abidjan. Pour avoir le transport, Il a dû faire des travaux champêtres rémunérés à hauteur de 300 francs/ jour. Il dit qu’il faut regarder son passé pour savoir où aller. Il a demandé à la jeunesse de compter sur ses potentialités à travers cette citation : « chère jeunesse ivoirienne, chère jeunesse africaine, soyez avant-gardiste ». Son intervention a été teintée d’humour comme on aurait voulu.

 

C’était au tour de James Éhoulé de parler de son parcours dans la micro composition.

Étant petit, il a reçu un conseil d’un aîné qui lui disait : « Si tu veux aller au Paradis, arrange-toi chaque jour pour que quelqu’un te dise merci ». C’est ainsi les qu’il aidait les vendeuses du marché en acheminant leurs marchandises à la maison en fin de journée. Après ses études en France, il décide de se lancer dans l’informatique à cause d’un message du père de la nation disant : « Sera considéré comme analphabète celui qui ne maîtrise pas l’informatique au 21 ème siècle ». Il a été contacté par une professionnelle de l’édition qui lui a demandé de faire un travail qu’il a rendu en 6 jours avec une équipe alors cette personne pensait recevoir le résultat après un mois. À la suite, il a proposé sa maquette d’édition qui faisait appel à l’informatique tandis que c’est la technique du cousu collé qui était utilisée. Une belle aventure commence à partir de là car les pays voisins se sont tournés vers la Côte d’Ivoire pour adopter cette méthode qu’il proposait. Il a conseillé de ne pas laisser nos envies et désirs dans la main des autres. Il a terminé par ceci : « Apprenez avec passion, aiguisez votre talent et agissez car derrière chaque volonté, il y a un chemin »

 

Nous avons eu droit à une belle intervention d’Appolinaire LAGBRE qui nous dit que l’échec n’existe pas. Dès la classe de cinquième, il s’intéresse à la vie associative. Il aimait les causeries où on apprend de l’autre. Après le BAC, il fait la philosophie à l’université Felix Houphouet Boigny. Compte tenu de sa situation sociale qui n’est pas intéressante, il décide de se lancer dans la police en 2005 en passant le concours de sous-officier. C’est lorsqu’il est affecté à Guiglo (600 kilomètres d’Abidjan) qu’il décide de reprendre ses études afin d’avoir le doctorat. Pour avoir les permissions d’absence, il se rendait très disponible pour son supérieur hiérarchique. Et comment il venait à Abidjan ? Il prenait le dernier car de Guiglo pour Abidjan après le service. Il arrivait à 2 heures et dormait à la gare pour ensuite s’apprêter pour les cours de la journée et retournait le même jour à Guiglo à la fin des cours. Oh quel courage ! Il obtint son doctorat en 2017. Il a fait beaucoup de sacrifices pour atteindre ce qu’il recherchait. Il a demandé d’arrêter d’accuser qui que soit par rapport à notre situation. Il a également conseillé d’être humble, déterminé car où que nous allions, tout dépend de nous.

Annick Sakho a été la sixième personne à nous enrichir de son expérience. Elle a attiré notre attention sur le fait que les jeux d’enfants ont radicalement changé et sont dominés par les technologies. Actuelle directrice régionale d’Oracle Afrique de l’Ouest et Centrale, elle nous a parlé du nombre insuffisant dans les domaines de la science et de la technologie. Des statistiques sur le nombre de femmes chercheuses dans les pays africains et le niveau est très bas.

Elle dit que cela est dû au fait qu’on ne croit pas les femmes et les jeunes filles capables de pouvoir faire des métiers de science. Or plusieurs exemples démentent cela à commencer par elle-même. Selon elle, nous devons encourager les jeunes filles à embrasser ces domaines qui créeront les métiers de demain. Le titre de son intervention était « Allez les filles, osez les sciences et technologies ».

 

Pour la septième intervention, nous avons eu droit à l’éloquence de William Daniel Oulaï. Il nous a invités à sortir de la case, c’est-à-dire à ne pas nous limiter dans nos actions. Cela est primordial afin que nos actions aient de l’impact sur nous et les autres. Il a aussi souligné l’importance d’investir en soi-même car le c’est le meilleur investissement qui soit. Il a aussi conseillé d’avoir de la constance dans ce que nous faisons pour éviter d’être dispersés. Ce sont des éléments qui nous permettront d’être meilleurs dans nos différents domaines.

Pour terminer, Diane Douaye nous raconte son aventure avec la MOB TEAM dont elle est la responsable. Cette organisation qui milite pour la propreté de la ville d’Abidjan. Tout est parti de deux notions : Vision et leadership. Elle a défini le leadership comme étant un processus par lequel une personne ou un groupe de personnes influencent positivement les autres. D’après elle, chacun de nous a un leader en lui et doit faire changer impérativement les choses. Et slogan de son organisation est : « Un jour, Abidjan sera comme Kigali »

 

Tous les speakers nous ont enseignés à travers leurs différentes histoires. La grande leçon que l’on peut retenir de cet événement est : N’attendez pas le moment parfait pour commencer. C’est à vous de le créer avec vos efforts. Mettez de la passion dans ce que vous faites et vous récolterez les résultats recherchés.

Rendez-vous pour le 18 Janvier 2020 pour la quatrième édition.

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